Riz : la Thaïlande risque de perdre son prix d’excellence
Posté : jeu. 3 mai 2012 12:47
Riz : la Thaïlande risque de perdre son prix d’excellence
le 03/05/2012
lien vers le site: http://asie-info.fr/2012/05/03/riz-la-t ... 53229.html
Site: asie-info.fr
En subventionnant les récoltes de ses riziculteurs, le gouvernement en met-il en péril la production ? Certains le pensent, d’autant que la concurrence augmente.
Il s’agissait d’une des promesses phares de Yingluck Shinawatra, élue premier ministre l’été dernier. L’Etat paierait aux paysans 15.000 bahts [370 euros] la tonne de riz ordinaire. La mesure a été appliquée. D’octobre 2011 à février 2012, quelque 7 millions de tonnes ont ainsi été achetées à un prix plus de 50% supérieur au cours en vigueur, lequel oscille autour de 9 000 bahts [220 euros]. Le programme est prolongé jusqu’en septembre. Les récoltes, en 2011-2012, devraient s’élever à 20,3 millions de tonnes, comme en 2010-2011, prévoit le Département américain de l’agriculture (The United States Department of Agriculture ou USDA). Les agriculteurs ont été encouragés par le programme gouvernemental à planter davantage, ce qui a compensé les pertes dues aux inondations record d’octobre-novembre 2011.
La majorité du riz ainsi acquis patiente dans les entrepôts au lieu de finir sur le marché, écrit l’International Rice Research Institute (IRRI), basé aux Philippines. De surcroît, le retour après quatre ans d’absence de l’Inde parmi les pays exportateurs aggrave les affaires des négociants thaïlandais. La tonne de riz non-basmati indien s’est négociée jusqu’à 200 dollars de moins que celle en provenance de Thaïlande, avant que l’écart ne se réduise à 100 dollars. L’USDA prévoit que l’Inde exportera 6,5 millions de tonnes en 2011-2012, un volume similaire à ceux de la Thaïlande et du Vietnam. En 2010-2011, la Thaïlande avait vendu sur le marché mondial 10,5 millions de tonnes, soit 40% de plus. Dans son édition du 1er mai, le Bangkok Post confirme cette tendance à la baisse et rapporte un recul de 63% des exportations entre mars 2011 et mars 2012.
«Est-ce la fin de la domination de la Thaïlande sur le marché mondial du riz ?», s’interroge l’IRRI dans une étude publiée mi-avril sur son site internet. «La réponse ne peut être un ‘oui’ ou un ‘non’ catégorique», répond l’Institut. Si la Thaïlande renonce à son programme de subventions, elle pourrait se maintenir en tête des pays exportateurs, au moins dans le court terme. Car, à moyen terme, la menace pourrait venir de pays comme la Birmanie et le Cambodge si ces derniers modernisent leur agriculture et entreprennent des réformes. L’ouverture politique et économique en cours en Birmanie pourrait accélérer la mise en œuvre des chantiers nécessaires, annonce l’IRRI. En 2010, le gouvernement a déjà établi l’Association de l’industrie du riz du Myanmar, fusion des associations existantes de producteurs, de négociants et de rizeries, et entend attirer des capitaux privés dans le secteur.
Si la Thaïlande maintient son programme de subventions, prédit l’IRRI, l’émergence de nouveaux acteurs sur le marché de l’exportation sera facilitée. Elle pourrait perdre sa place de premier de numéro un mondial. «Mais, au bout du compte, tout dépendra du rythme auquel le marché mondial continuera de croître. Si la tendance des deux dernières décennies se confirme, il est envisageable qu’il y ait suffisamment de place pour tous les exportateurs, y compris pour les nouveaux venus, auquel cas la Thaïlande conservera sa première place.» Plusieurs exportateurs thaïlandais refusent toutefois d’attendre. Comme le rapporte le Nation dans son édition du 30 avril, certains, dont les deux plus gros exportateurs, Asia Golden Rice et Capital Rice, envisagent aujourd’hui d’investir au Cambodge voisin dans des plantations et rizeries, et au Vietnam dans des négoces.
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le 03/05/2012
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En subventionnant les récoltes de ses riziculteurs, le gouvernement en met-il en péril la production ? Certains le pensent, d’autant que la concurrence augmente.
Il s’agissait d’une des promesses phares de Yingluck Shinawatra, élue premier ministre l’été dernier. L’Etat paierait aux paysans 15.000 bahts [370 euros] la tonne de riz ordinaire. La mesure a été appliquée. D’octobre 2011 à février 2012, quelque 7 millions de tonnes ont ainsi été achetées à un prix plus de 50% supérieur au cours en vigueur, lequel oscille autour de 9 000 bahts [220 euros]. Le programme est prolongé jusqu’en septembre. Les récoltes, en 2011-2012, devraient s’élever à 20,3 millions de tonnes, comme en 2010-2011, prévoit le Département américain de l’agriculture (The United States Department of Agriculture ou USDA). Les agriculteurs ont été encouragés par le programme gouvernemental à planter davantage, ce qui a compensé les pertes dues aux inondations record d’octobre-novembre 2011.
La majorité du riz ainsi acquis patiente dans les entrepôts au lieu de finir sur le marché, écrit l’International Rice Research Institute (IRRI), basé aux Philippines. De surcroît, le retour après quatre ans d’absence de l’Inde parmi les pays exportateurs aggrave les affaires des négociants thaïlandais. La tonne de riz non-basmati indien s’est négociée jusqu’à 200 dollars de moins que celle en provenance de Thaïlande, avant que l’écart ne se réduise à 100 dollars. L’USDA prévoit que l’Inde exportera 6,5 millions de tonnes en 2011-2012, un volume similaire à ceux de la Thaïlande et du Vietnam. En 2010-2011, la Thaïlande avait vendu sur le marché mondial 10,5 millions de tonnes, soit 40% de plus. Dans son édition du 1er mai, le Bangkok Post confirme cette tendance à la baisse et rapporte un recul de 63% des exportations entre mars 2011 et mars 2012.
«Est-ce la fin de la domination de la Thaïlande sur le marché mondial du riz ?», s’interroge l’IRRI dans une étude publiée mi-avril sur son site internet. «La réponse ne peut être un ‘oui’ ou un ‘non’ catégorique», répond l’Institut. Si la Thaïlande renonce à son programme de subventions, elle pourrait se maintenir en tête des pays exportateurs, au moins dans le court terme. Car, à moyen terme, la menace pourrait venir de pays comme la Birmanie et le Cambodge si ces derniers modernisent leur agriculture et entreprennent des réformes. L’ouverture politique et économique en cours en Birmanie pourrait accélérer la mise en œuvre des chantiers nécessaires, annonce l’IRRI. En 2010, le gouvernement a déjà établi l’Association de l’industrie du riz du Myanmar, fusion des associations existantes de producteurs, de négociants et de rizeries, et entend attirer des capitaux privés dans le secteur.
Si la Thaïlande maintient son programme de subventions, prédit l’IRRI, l’émergence de nouveaux acteurs sur le marché de l’exportation sera facilitée. Elle pourrait perdre sa place de premier de numéro un mondial. «Mais, au bout du compte, tout dépendra du rythme auquel le marché mondial continuera de croître. Si la tendance des deux dernières décennies se confirme, il est envisageable qu’il y ait suffisamment de place pour tous les exportateurs, y compris pour les nouveaux venus, auquel cas la Thaïlande conservera sa première place.» Plusieurs exportateurs thaïlandais refusent toutefois d’attendre. Comme le rapporte le Nation dans son édition du 30 avril, certains, dont les deux plus gros exportateurs, Asia Golden Rice et Capital Rice, envisagent aujourd’hui d’investir au Cambodge voisin dans des plantations et rizeries, et au Vietnam dans des négoces.
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