Raymond38 a écrit :Source: excessif.com
le 02/02/2011
Une bonne partie du tournage de Largo Winch 2 s'est déroulé en Thaïlande. Pour Excessif.com et en exclusivité, Tomer Sisley revient sur ce tournage effectué il y a moins d'un an et nous livre quelques souvenirs personnels.
«Au départ, on a commencé le tournage par la région du «triangle d'or», à la frontière entre le Laos, la Birmanie et la Thaïlande. Elle reste célèbre pour avoir été le centre de production de tout l'opium consommé dans le monde. A l'époque, il était payé en or, d'ou le nom de ce petit coin de montagnes. Là-bas, un camp militaire a été entièrement construit par l'équipe qui est partie de rien. La première chose qui m'a marqué, c'est à quel point il faisait chaud là-bas. On a tourné en janvier et même à cette période, le temps reste extrêmement clément. Il ne pleuvait pas donc ce n'était pas humide. En revanche, il faisait lourd, le soleil tapait tellement fort que un membre de l'équipe se baladait constamment avec un parapluie ouvert pour que dès que j'ai fini de tourner un plan en extérieur, je ne bronze pas à vue d'œil. En deux heures, je pouvais ne plus être raccord entre deux scènes. Il fallait même forcer le maquillage pour que je paraisse plus bronzé que je ne l'étais réellement.»
«Je me souviens que l'on a tourné pour la scène où Largo est avec sa femme et son fils à côté d'un petit cours d'eau - je crois une rivière - et il a fallu apprendre à manier des bateaux. Ce qui n'était pas très évident. Je suis à l'aise avec tout ce qui relève du pilotage. Mais c'était assez particulier parce que sur ces engins, la pirogue a un moteur extérieur qui ressemble à un ancien moteur de vieille Coccinelle relié à un gouvernail qui doit faire cinq mètres de long et que tu peux monter ou baisser. Pour cinq secondes de tournage, il fallait faire des allers et retours. A certains endroits, il peut y avoir plus de pression que d'autres. Tu n'as pas un boulevard pour faire ton demi-tour. Malgré ces difficultés, j'ai trouvé le paysage joli et exotique. Le décor reste assez impressionnant parce que t'as le sentiment d'entrer dans un camp militaire, en plus de tous les accessoires : les jeeps, les gros camions. Des éléments qu'on ne voit pas nécessairement à l'image.»
«On a tourné en Thaïlande dans un très beau petit village et c'était un vrai plaisir de tourner là-bas. Pas seulement pour le décor. Il y a quelques d'occidentaux qui y vont ; ce sont de vrais aventuriers, pas des mecs qui voyagent avec une agence pour dormir dans des hôtels cinq étoiles. Pendant près d'un an, ils font généralement le tour de l'Asie en stop ou avec une voiture pourrave ; du coup, tous les occidentaux croisés là-bas avaient des histoires fantastiques à raconter, et les lieux restent purs, sans être pourris par le tourisme à deux balles. Les lieux transpirent encore l'authenticité. Les masseuses que nous avions étaient les mêmes que celles qui massent les gens du village. D'autres scènes se déroulaient dans un village Karen, un peuple tibéto-birman composite, venu anciennement du cœur de l'Asie (Gobi). Leur passé est fascinant : les Karen ont fui la Birmanie et par centaines de milliers, ils ont cherché refuge sur le sol thaïlandais, dans le secteur du Triangle d'Or où ils cohabitent avec d'autres ethnies comme les Shan, les Aracan, les Mon.»
«Les Karen vivent dans des maisons en bambou posée sur pilotis et sous lesquels ils soulèvent des animaux domestiques tels que les porcs, les poulets et les buffles. Ils pratiquent l'agriculture itinérante et d'irriguer les rizières. T'as l'impression qu'ils ont un savoir-faire que tu n'as pas ici. En tant qu'acteur, ça facilitait les choses parce que ça m'a plongé immédiatement dans l'histoire. Ce n'est pas comme lorsque tu tournes en studio et que tu as besoin de faire croire. On ne le voit pas trop dans le film mais ça donne un côté western, proche de John Ford. La lumière était très particulière, les couleurs aussi. Le soleil ne couvrait qu'une partie, je crois que c'était le matin. L'ombre venait recouvrir progressivement le paysage. Il fallait être réglo pendant le tournage, afin d'être raccord. L'équipe a fait appel à de vrais Karen comme figurants. J'ai adoré le lieu mais j'ai détesté y aller : le décor était très loin de l'hôtel, lui-même était très loin de la ville. Il fallait une heure à chaque trajet et c'était la partie la plus désagréable.»
«Ensuite on a passé un mois à Bangkok. Rien à voir avec les précédentes étapes : la vie foisonne, à n'importe quelle heure de la nuit. Tu peux boire, manger, trouver tout et n'importe quoi. C'est un peu une ville qui ne dort jamais. Ça m'a rappelé un peu comme quand je suis allé à New York : c'est dingue, l'énergie dans ces villes... Quand je reviens à Paris, je suis comme gonflé d'électricité. Et puis... La nourriture thaïlandaise, c'est la meilleure du monde. Je la préfère même à la cuisine française ! Avec cinq euros, tu peux avoir le top du «pad thai» (plat typique de Thaïlande). Pour la recette traditionnelle, il faut faire frire des nouilles de riz à la poile à feu vif avec des œufs, diverses graines germées, du tofu émietté, des haricots jaunes, des crevettes grillées trempées dans de la sauce nuoc-mâm. Le tout est servi avec une sauce sucrée à base de citron vert. Le résultat est fin, délicieux : j'en mangerais tous les jours... On a tourné le premier Largo Winch à Hong Kong, et l'ambiance n'a rien à voir : c'est le jour et la nuit au niveau de la culture et de l'hospitalité.»